Actualités L'actu expliquée 7 min de lecture

Compétences numériques France : que dit Eurostat ?

Couverture « La France et ses compétences » : des adultes travaillent sur des documents numériques avec une formatrice dans une médiathèque.

L'article en 30 secondes

Selon Eurostat, dans l’enquête sur les usages des TIC de 2025, 65,7 % des personnes de 16 à 74 ans en France ont des compétences numériques de base ou supérieures. La France dépasse la moyenne européenne, mais cet indicateur ne certifie pas l’autonomie de chaque personne. Il invite à travailler aussi la création de contenus, la recherche d’information et la résolution de problèmes.

Selon Eurostat, l’enquête de 2025 sur l’usage des technologies de l’information et de la communication par les ménages et les individus indique que 65,7 % des personnes de 16 à 74 ans en France possèdent des compétences numériques de base ou supérieures. Ce résultat place la France au-dessus de la moyenne européenne, sans signifier que chaque personne sait mener seule toutes ses démarches numériques.

Que montrent les résultats pour la France ?

Selon Eurostat, pour cette enquête de 2025, la moyenne de l’Union européenne atteint 60,4 % pour l’indicateur « compétences numériques de base ou supérieures ». Selon la même source et pour la même année, la France se classe au 10e rang sur 27 pays. Ces repères permettent de situer le pays ; ils ne décrivent pas votre niveau personnel.

Pour comparer les résultats sans isoler un classement, consultez la page consacrée aux compétences numériques dans tous les pays. Regardez toujours la population concernée et le nom de l’indicateur. Une comparaison perd son sens si elle mélange des personnes d’âges différents, des périodes différentes ou des façons différentes de définir une compétence.

Le résultat global résume des usages variés. Il est donc utile d’examiner les domaines séparément, sans transformer leur classement en jugement sur les personnes. La création d’un document et la participation à une conversation numérique ne demandent pas les mêmes gestes. Elles peuvent être nécessaires à des moments différents de la vie.

DomainePart ayant au moins le niveau de base en France, source et année
Information et donnéesSelon Eurostat, enquête 2025 : 85,3 %
Communication et collaborationSelon Eurostat, enquête 2025 : 93,7 %
Création de contenusSelon Eurostat, enquête 2025 : 76,7 %
SécuritéSelon Eurostat, enquête 2025 : 77,9 %
Résolution de problèmesSelon Eurostat, enquête 2025 : 91,0 %

Les résultats par domaine ne doivent pas être additionnés. Les personnes incluses dans les catégories se recoupent et le niveau global repose sur une combinaison de domaines. Une personne à l’aise pour communiquer peut avoir besoin d’aide pour produire un document ; une autre peut savoir créer un tableau mais hésiter devant une demande d’autorisation.

Que mesure exactement cet indicateur ?

Eurostat s’appuie sur des activités déclarées concernant l’usage d’internet et des logiciels pour construire une estimation des compétences. Il s’agit d’un indicateur indirect : certaines pratiques servent de signes de compétences correspondantes. Ce n’est pas une observation de chaque participant en train de réaliser toutes les tâches possibles. La présentation méthodologique d’Eurostat explique cette construction.

Les activités sont regroupées en domaines, et le résultat global demande une couverture de l’ensemble de ces domaines. La mesure ne revient donc pas à demander simplement aux personnes si elles se sentent douées en informatique. Elle cherche à traduire des usages déclarés en un repère comparable entre populations.

Le mot « base » doit être lu dans ce cadre statistique. Il ne constitue ni une appréciation scolaire ni la promesse de réussir n’importe quelle démarche. Le niveau « supérieur » appartient également aux catégories de l’indicateur ; il ne désigne pas automatiquement une qualification professionnelle dans le numérique.

Un échantillon est le groupe interrogé pour décrire une population plus large. Ce principe aide à distinguer le résultat d’une enquête de l’observation de toutes les personnes concernées. Pour interpréter un chiffre, sa méthode compte autant que sa présentation. Un pourcentage sans périmètre peut facilement recevoir un sens qu’il n’a pas.

Qu’est-ce que le résultat ne permet pas d’affirmer ?

Il ne permet pas de dire qu’une personne saura repérer chaque arnaque, comprendre chaque formulaire ou retrouver un fichier dans une application inconnue. Les tâches réelles combinent souvent la lecture, la compréhension du contexte et la manipulation. Un écran peu accessible ou une consigne ambiguë peut mettre en difficulté une personne habituellement autonome.

Le résultat ne donne pas non plus les raisons des difficultés. Il ne suffit pas pour conclure à un manque d’effort, à un refus d’apprendre ou à l’effet d’un équipement particulier. Pour comprendre une situation, il faut écouter la personne et observer le besoin. L’accès à un appareil ne décrit pas à lui seul les conditions de son usage.

Enfin, les données présentées ici ne permettent pas de raconter une évolution dans le temps. Sans série comparable, nous ne pouvons pas affirmer une progression ou un recul. Le classement est une photographie selon un indicateur donné. Il n’explique pas pourquoi les pays occupent ces positions et ne désigne pas une méthode de formation qui fonctionnerait partout.

Quels apprentissages concrets privilégier ?

La création de contenus mérite une attention pratique. Il peut s’agir de rédiger un document lisible, organiser un tableau, modifier un contenu sans en perdre le sens ou préparer un fichier que son destinataire pourra ouvrir. Choisissez une production utile à votre vie quotidienne plutôt qu’une suite de fonctions à mémoriser sans objectif.

La résolution de problèmes peut commencer par un geste modeste : décrire ce qui bloque, distinguer le résultat attendu de ce qui apparaît et chercher une aide adaptée. Prenons une situation fictive : un document ne s’ouvre pas. Avant de le renvoyer partout, la personne vérifie ce qu’elle a reçu, retrouve son emplacement et explique le message rencontré à un accompagnant.

Pour travailler l’information, demandez-vous d’où vient une affirmation avant de la transmettre. Une source primaire est le document à l’origine de l’information recherchée. Retrouver une publication officielle, lire sa date et vérifier son périmètre est un exercice utile, y compris lorsque l’on sait déjà très bien utiliser une messagerie.

Dans le domaine de la sécurité, savoir identifier une donnée personnelle aide à comprendre ce que vous protégez. Préférez un objectif observable à une impression générale. Pouvez-vous expliquer pourquoi vous ne communiquez pas un code reçu à un interlocuteur inattendu ? Savez-vous retrouver un contact officiel sans utiliser les coordonnées du message suspect ? Ce sont des questions de pratique et de compréhension, pas seulement de confiance en soi.

Comment choisir votre prochain geste ?

Partez d’une situation qui revient et vous gêne. Si vos documents sont difficiles à retrouver, apprenez à les nommer et à distinguer leur emplacement de l’application qui les ouvre. La fiche pour créer un dossier et classer vos documents personnels accompagne ce geste. Si vous hésitez avant un partage, travaillez l’identification du destinataire et les droits d’accès. Un apprentissage ciblé donne un résultat que vous pouvez constater.

Le test de niveau numérique peut vous aider à choisir un point de départ. Son rôle est de guider votre apprentissage, pas de vous attribuer personnellement la catégorie statistique d’Eurostat. Utilisez vos hésitations pour identifier une situation à reprendre, puis vérifiez si le geste devient plus compréhensible avec l’exercice.

Pour les personnes qui accompagnent un groupe, demandez aux participants de réaliser une tâche familière et d’expliquer leurs choix. Observez séparément le besoin d’aide à la lecture, à la manipulation et au raisonnement. Le même atelier ne convient pas nécessairement à toutes les difficultés. Une consigne claire peut parfois débloquer ce qu’une démonstration technique supplémentaire ne résout pas.

Comment lire l’objectif européen sans le confondre avec une prévision ?

Selon la Commission européenne, l’objectif de la Décennie numérique est que 80 % des adultes disposent de compétences numériques de base en 2030. C’est une cible politique, pas l’annonce d’un résultat acquis. Elle exprime une ambition collective et ne permet pas de prévoir le parcours personnel de chaque habitant.

Les objectifs de la Décennie numérique présentés par la Commission européenne donnent le cadre de cette ambition. Pour le lecteur, l’usage le plus concret des résultats reste d’identifier des apprentissages utiles et des besoins d’accompagnement. Pour une structure de formation, cela signifie proposer des tâches compréhensibles, accessibles et reliées à la vie réelle.

Le classement français fournit ainsi un contexte de discussion. Votre prochain apprentissage peut être plus simple : retrouver un document, contrôler une information ou comprendre un partage. L’essentiel est de pouvoir refaire le geste, expliquer sa raison et reconnaître le moment où une aide extérieure devient nécessaire.

On nous demande souvent

L’indicateur Eurostat est-il un examen individuel ?

Non. Il est construit à partir des activités déclarées dans une enquête. Il sert à décrire une population, pas à certifier la capacité d’une personne à réussir toutes les démarches.

Un bon résultat en communication suffit-il pour le niveau global ?

Non. Le niveau global prend en compte l’ensemble des domaines. Une aisance dans les échanges ne remplace pas les compétences de création de contenus ou de résolution de problèmes.

Comment utiliser ces résultats pour une formation ?

Choisissez des situations concrètes et observez ce que les participants savent réaliser et expliquer. Les données nationales donnent un contexte, pas le programme individuel de chaque apprenant.

Continuer d'apprendre

Ajouter l'Académie à vos sources Google

À lire ensuite